Cela faisait quelques heures déjà que le soleil s'était couché. Dans le calme de la nuit, le capitaine de la 13e division, Ukitake, se remettait péniblement de sa grosse journée. Décidemment, Kuchiki attire irrémédiablement les problèmes. Lui, déjà fatigué par le mal qui le ronge depuis tant d'années, a-t-il vraiment besoin de cela ? Il chassa cette idée de son esprit. Certes, le Commandant Yamamoto était en rage – et quand il est en rage, c'est pas de la tarte-. Mais étant son supérieur, il devait se justifier et protéger sa subordonnée. Rukia était rentrée du Hueco Mundo, mais très mal en point. Allait-elle s'en sortir ? Il jeta un coup d'½il à la pleine lune du soir et se dit tristement que Kaien l'aurait appréciée.
Yachiru, elle, semblait beaucoup plus énergique. Jouant à cache-cache avec Maki-Maki et crâne d'½uf, la 11ème division troublait le calme ambiant. Ce qui ne manqua pas de réveiller le terrible Zaraki Kenpachi, capitaine de cette même division, qui ne réfléchit pas à 2 fois avant de les envoyer dehors. Puis il se décida, suite aux rires de ces derniers, de les pourchasser dans le Seireitei.
En passant devant le repaire de la 10ème division, ils ne manquèrent pas de réveiller Toshiro –euh, pardon, le capitaine Hitsugaya- et son lieutenant Rangiku. Ayant horreur et étant ronchon quand on le réveille –le lieutenant ne le sait que trop bien- , il protesta et se jura d'aller se plaindre au Commandement dès le lendemain matin. Rankigu lui reprocha d'en faire trop et se rendormit sur la pensée de Gin, Gin Ichimaru, parti au Hueco Mundo avec Aizen. Sale traître, elle lui payerait cher, elle ne comprenait pas.
Quant à Toshiro, il entreprit de faire pareil quand une pression spirituelle attira son attention. Elle ne lui était pas inconnue ... Il bondit de son lit et se dirigea vers la fenêtre qu'il ouvrit.
Une silhouette se détachait de l'astre, une ombre...
Toshiro descendit 4 à 4 les marches menant à la sortie, ouvrit la porte et se figea. Plus de doutes maintenant, c'était bien elle. Que ressentit-il à cet instant précis ? De la peur ? De la joie ? De l'étonnement ? Du soulagement, oui, ce devait être ça. Elle était là, à quelques mètres de lui et déjà il se sentait mieux, comme si le poids du fardeau qu'il portait s'était allégé tout à coup. Elle. Tellement longtemps.
A peine quelques secondes et elle se mit en face de lui. Ils se regardèrent longuement, comme deux étrangers que l'on présenterait. Elle sourit enfin et dit :
- Ca faisait longtemps, Toshiro.
La jeune fille était fort jeune – à peine plus vieille que le Capitaine, peut être même avaient-ils le même âge – et son visage rayonnait de mille feux. Il se posa des centaines de questions. Que faisait-elle là ? Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi maintenant ? Comment se fait-il qu'elle a pu rentrer sans être repérée ? S'il reste là, ça risque de lui attirer des ennuis, de gros ennuis. Il a déjà risqué beaucoup pour elle... Pourquoi ?
Elle entreprit d'anticiper les réponses à ses questions :
_ Tu dois te demander ce que je fais ici. Et bien, des rumeurs circulent sur les nouveaux faits et gestes de Sousuke. J'aimerais savoir. Et puis, depuis ce jour, je suis tellement nostalgique de cet endroit. J'ai eu le temps de réfléchir, j'assume totalement ce que j'ai fait. Mais rester dans l'ignorance m'est insupportable, que se passe t-il ?
Que faire ? Lui, Capitaine de la 10ème division, Hitsugaya Toshiro. Elle ignorait même le grade qu'il avait aujourd'hui. D'ailleurs, elle n'aurait jamais tenté de communiquer avec lui si elle l'avait su. Elle a été bannie. Et il n'a aucunement le droit de la voir, et encore moins de lui fournir des informations...
_ Sais-tu que je suis Capitaine aujourd'hui ?
_ Je m'en doute. Tu es brillant, et ton énergie spirituelle est énorme,même cachée.
Elle l'avait remarqué ? Hm, évidemment. Elle a toujours percé à jours tous ses secrets, seulement en l'observant. Elle n'a pas changé. Pas du tout.
_ Tu dois donc savoir que je risque mon grade à te parler, n'est ce pas ?
_ Je sais, Toshiro, Je... Tu as raison, je ferais mieux de m'en aller.
_ Attends...je..
_ J'ai été contente de te revoir... tu... tu m'as manqué.
Et elle s'en alla, aussi vite qu'elle était venue.
Si Toshiro l'avait suivie, il aurait aperçu une larme perler au creux des yeux bleus de l'inconnue, mais il n'en fit rien, il resta là. La lune, témoin, ne bougea pas non plus.